Le survivalisme pour contrer la fin d'un monde ?

Se préparer à l'Apocalypse annoncée depuis des millénaires

23 févr. 2010 Virginie Van Vooren-Bourre

De folles rumeurs circulent à propos du 21 décembre 2012, annoncée par certains comme la fin du monde. Les survivalistes en profitent pour recruter de nouveaux adeptes...

Depuis le déluge biblique et l’Arche de Noé, l’imaginaire humain est teinté de craintes apocalyptiques. Les hommes n’ont cessé de s’interroger, de chercher à anticiper des catastrophes. Certains se sont tournés vers la religion, la philosophie, d’autres plus matérialistes apprennent à se protéger.

Les origines du survivalisme

Le survivalisme est une technique qui consiste en diverses préparations pour survivre face à une hypothétique catastrophe. Si, dans les années 1960, la dévaluation puis l’inflation inquiétèrent les populations, notamment américaines, les années 1970 devaient, avec la crise pétrolière, devenir un terrain fructueux pour les auteurs de manuels de survie et autres spécialistes en matière de prévention de catastrophes ( Don Stephens, Kurt Saxon, Mel Tappan).

Les tremblements de terre des années 1980, le bug annoncé de l’an 2000, les attentats du 11-Septembre et le tsunami de 2004 ne firent que renforcer les idées de protection forts présentes dans certaines contrées du monde.

Différents types de catastrophes sont envisagées

De nombreux risques sont considérés comme des menaces pour la société mondiale :

- les catastrophes naturelles : séismes, blizzards, ouragans, tornades, tsunamis;

- les conflits humains, armés : guerre bactériologique, guerre nucléaire;

- les catastrophes économiques : misères, krachs boursiers.

Englobant largement les risques auxquels l’homme doit faire face, le survivalisme s’adapte tout particulièrement aux prophéties qui annoncent la fin du monde et qui remplissent autant les magazines scientifiques que les ouvrages plus légers qui flottent sur la vague du scoop, du sensationnel.

A chaque crise, de nouveaux adeptes du mode de survie

Le mouvement survivaliste est alimenté par des crises majeures de plus en plus nombreuses. Les tremblements de terre meurtriers, les risques d’épidémies, les dérèglements climatiques, le terrorisme, les menaces nucléaires sont autant de facteurs d’appréhension qui font que de plus en plus d’individus se rallient à l’idée d’apprendre à survivre. En effet, on ne s’improvise pas survivaliste : des formations sont dispensées à travers le monde pour lutter et anticiper les risques (apprentissage des technique de survie et rudiments de notions médicales).

Face au périls environnementaux, se protéger

Que la menace soit énergétique, climatologique ou sociétale, l’homme se doit de se préparer activement à survivre dans un monde susceptible de lui devenir hostile. C’est ainsi que de nombreux américains envisagent le survivalisme et prévoient leur avenir.

Alimentés par toute une armada de films ou de livres aux scénarios catastrophes ( "Le jour d’après", "2012", "The Road", etc.), mais aussi par des conférences et des interventions de grands spécialistes des théories apocalyptiques, le survivalisme est devenu un business florissant pour les fournisseurs d’équipements de survie (boussole, appareil de positionnement GPS, paquetage d’urgence) et pour les constructeurs de bunkers, de cylindres, et de souterrains habitables.

La panoplie de survie

Le 21 décembre 2012, selon les prévision mayas, la fin du monde arrivera. Il convient donc de préparer sa survie et pour cela les bases élémentaires sont :

- de rejoindre un abri construit (souterrain ou en hauteur) selon des normes précises pour se protéger de toutes attaques (avec radios à ondes courtes pour communiquer avec les survivants environnants, compteur radioactif pour anticiper une réaction nucléaire);

- accumuler suffisamment de vivres pour être capable de vivre en autarcie pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.

- s’armer pour lutter contre d’éventuels pillards ou individus moins prévoyants désireux de sauver leur peau (armes, masque à gaz).

Seuls les meilleurs survivront

Avec cet instinct de survie, seuls ceux qui se seront prémunis contre le danger auront le droit d’être sauvés. C’est en ces termes que certains citoyens américains voient les choses pour l’après chaos. Ainsi dans l'Utah qui serait, d’après de savants calculs, l’Etat des Etats-Unis le plus sûr, car loin des zones les plus peuplées, s’est construit un site, Freedom Ranch. L'accès au lieu est interdit aux curieux. L'endroit regroupe une quarantaine d’habitations dont les occupants vivent en autarcie (maison ultra-modernes, écologiques et protectrices, panneaux solaires, etc.). Ils refusent d’envoyer leurs enfants à l’école car ils estiment que la civilisation a déjà sombré et n’ont aucune confiance dans l’institution publique. Une suprématie de certains individus qui n’est pas sans rappeler un certain sectarisme et à l’opposé de l’idée d’entraide dans les pires cas de tragédies. Il est même question pour eux de recréer une nouvelle société avec les survivants, selon des règles sélectives strictes.

Info ou intox, fin du monde ou non, nombreux sont ceux qui préparent leurs arrières et s'enrichissent avec la vente de produits censés protéger d'une Apocalypse annoncée depuis des siècles.

Les droits de l'article Le survivalisme pour contrer la fin d'un monde ? publié dans Politique & société Monde appartiennent à Virginie Van Vooren-Bourre. La permission de reproduire Le survivalisme pour contrer la fin d'un monde ? dans la presse traditionnelle ou sur internet doit être accordée par écrit par l'auteur lui-même.
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Commentaires

24 févr. 2010 09:28
Guest
:
Je ne crois pas plus a la fin du monde qu'a un réchauffement planétaire .....
1 Commentaire: